blog écrivain je suis écrivain

Yasmina Reza son roman Adam Haberberg écrivain un solitaire qui se fout de la littérature

Il est écrivain, Adam




Il est écrivain, Adam Haberberg et page 45 il pense : "Le vrai écrivain ne réfléchit pas à la littérature. Le vrai écrivain se fout de la littérature."
Juste après avoir consaté qu'il "avait trop pensé, trop combiné, trop réfléchi à la littérature."
Plus loin, page 56, citant Goncharki, AH balance "l'artiste, l'écrivain en particulier (...) est un solitaire qui ne veut pas se mélanger et ne reconnaît ni égal, ni confrère."



Page 159, il revient sur l'état de l'écrivain : "J'ai conservé le rêve naïf de devenir écrivain, c'est à dire un homme qui tente de se sauver de lui-même. Un homme qui pour sonserver un peu d'élan vers l'avenir, s'efforce d'échanger sa propre existence contre celle des mots."
C'était après la prise de conscience de l'irrémédiable frontière entre lui et Marie-Thérèse, la copine d'enfance devenue vendeuse épanouie :
"Un être qui peut vivre dans ce trou sans être anéanti, qui peut ouvrir ses volets sur ce paysage vide sans pleurer amèrement, ne peut pas juger de mon état (...) Tu ne peux rien comprendre à ma vie parce que toi Marie-Thérèse, tu étais damnée au départ. Tu as accepté cette damnation et tu vis avec. Tu t'es fondue dans la masse (...) Tu fais partie de ces gens qui ne veulent rien d'impossible (...) Des gens qui réussissent parce qu'ils sont vrais et authentiques dans un milieu où n'importe quel esprit sensible s'étiole et se désagrège."
Oui, que peut-il se passer quand un écrivain (surtout pas reconnu pas le grand public, dans une démarche d'écrivain) se retrouve face à face avec une copine de classe, quelques décennies après le collège ou le lycée. Une rencontre ordinaire peut-elle se dérouler ainsi ?
Page 159, Adam Haberberg :
"Il n'y a aucune égalité entre toi et moi. Nous ne nous ressemblons en rien, je t'interdis de penser que nous puissions être égaux au point que je me laisse aller à la confidence. Tu ignores la défaîte et le sentiment de déréliction. Tu ne sais pas ce qu'est la solitude. Tu te lèves seule et tu n'as pas d'enfants, tu es passée à côté du modèle universel, mais tu n'éprouves pas ma solitude. Si tu l'éprouvais, tu ne pourrais pas survivre deux minutes entre ta tanière de Viry et tes installations de corners dans les parcs d'attractions. Ma solitude à moi me colle, jamais je ne m'en défais. Que je suis entouré, que je sois avec Irène, avec les enfants dans cette vie de famille qui me tue, où l'homme ne fait que s'avilir et brader ce qu'il est, que je sois en société ou seul avec moi-même, le sentiment de solitude ne m'abandonne pas. C'est lui qui règne sur ma vie."

Ceci n'est pas un résumé. Mais des extraits qui peuvent être interprétés comme des pensées similaires à celles survenues lors de certaines retrouvailles ou même rencontres. Il est des êtres qui se permettent de vous juger sans même vous avoir lu.


Auteur écrivain

Le 10 01 2010 à 12 : 47